Arrêt de travail · Invalidité · Décès

Prévoyance chirurgien-dentiste : combler le régime obligatoire

Du 4e au 90e jour, la CPAM verse une IJ plafonnée. Dès le 91e, la CARCDSF paie environ 110 € par jour. Vos charges, elles, continuent.

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La CARCDSF

Ce que couvre réellement la CARCDSF

La CARCDSF gère votre retraite et votre régime invalidité-décès. Son indemnité est forfaitaire : la même pour tous, quels que soient vos honoraires.

Nature de l’indemnité CARCDSF
Forfaitaire : environ 110 € par jour en 2026, le même montant pour tous les dentistes, quels que soient vos honoraires.
Durée
Jusqu’à trois ans d’indemnisation, continus ou cumulés.
Invalidité
Rente d’invalidité selon le degré reconnu, complétée le cas échéant par une rente éducation.
Décès
Capital décès, rente au conjoint et rente éducation aux enfants, dans les conditions du régime.
Qui vous indemnise, et quand
  1. À votre charge Jours 1 à 3

    Délai de carence : aucune indemnisation

  2. Jours 4 à 90

    IJ de la CPAM : 1/730 du revenu moyen des trois dernières années, plafonnée à environ 190 € par jour

  3. À partir du 91e jour

    Relais de la CARCDSF : IJ forfaitaire d’environ 110 € par jour, pendant trois ans au plus

  4. Au-delà

    Passage en invalidité : rente selon le degré d’incapacité reconnu

Le vrai problème n’est pas le montant, c’est l’assiette.

Une indemnité forfaitaire couvre à peu près les besoins d’un praticien débutant. Elle ne couvre ni le loyer du cabinet, ni le salaire de l’assistante, ni les échéances du crédit d’équipement, qui continuent pendant votre arrêt. C’est là que se creuse le trou.

L’écart à combler

Mesurer l’écart entre vos charges et vos indemnités

La bonne façon de dimensionner une prévoyance n’est pas de viser votre chiffre d’affaires, mais de couvrir vos charges fixes puis votre revenu net.

Six mois d’arrêt pour une épaule

Un omnipraticien de 42 ans se blesse à l’épaule et ne peut plus tenir la turbine. Les trois premiers jours, rien. Du 4e au 90e jour, la CPAM lui verse son IJ plafonnée. Au 91e jour, la CARCDSF prend le relais à environ 110 € par jour.

Pendant ce temps, le loyer, le salaire de l’assistante et le leasing du fauteuil tombent chaque mois. Sans garantie frais généraux, la trésorerie du cabinet fond vite.

  1. 1
    Additionnez vos charges fixes mensuelles

    Loyer ou crédit du local, salaire et charges de l’assistante, leasing du matériel, maintenance, assurances, cotisations. Ce socle tombe même cabinet fermé.

  2. 2
    Ajoutez votre revenu net personnel

    Ce que vous prélevez réellement pour vivre, hors bénéfice réinvesti.

  3. 3
    Soustrayez ce que verse le régime obligatoire

    IJ plafonnée de la CPAM du 4e au 90e jour, puis IJ forfaitaire de la CARCDSF, environ 110 € par jour.

  4. 4
    Le solde, c’est votre besoin de prévoyance

    C’est le montant d’indemnité journalière complémentaire à souscrire, ni plus ni moins.

Frais généraux : une garantie à part

La plupart des contrats distinguent l’indemnité journalière (qui remplace votre revenu) de la garantie frais généraux permanents (qui prend en charge les charges fixes du cabinet). Pour un praticien installé avec une assistante et du matériel financé, la seconde est souvent plus décisive que la première.

Les garanties

Les quatre garanties d’une prévoyance de praticien

✓ Ce qu’une bonne prévoyance couvre

  • ✓Indemnités journalières en relais de la franchise choisie
  • ✓Frais généraux permanents du cabinet
  • ✓Rente d’invalidité, partielle et totale
  • ✓Capital décès et rente éducation
  • ✓Exonération des cotisations pendant l’arrêt
  • ✓Affections dorsales et psychiques sans exclusion abusive

✕ Les pièges classiques

  • ✕Exclusion ou franchise longue sur les affections dorsales
  • ✕Exclusion des affections psychiques (burn-out)
  • ✕Définition d’invalidité purement fonctionnelle, sans référence au métier
  • ✕Cessation de garantie à un âge trop précoce
  • ✕Franchise de 90 jours, qui double le relais du régime obligatoire au lieu de le compléter
Le point technique décisif

Exigez une définition professionnelle de l’invalidité. Un chirurgien-dentiste qui perd la finesse d’une main peut être jugé « apte à un travail » au sens fonctionnel tout en étant devenu incapable d’exercer son métier. Une clause « incapacité d’exercer la profession de chirurgien-dentiste » vaut plus que dix euros de prime en moins.

Votre prévoyance de dentiste

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La franchise

Choisir sa franchise : le vrai curseur de prime

Attention à la franchise de 90 jours.

Elle paraît cohérente avec le relais de la CARCDSF au 91e jour. Mais elle laisse trois mois pendant lesquels vous ne touchez que l’indemnité de l’Assurance Maladie, plafonnée, pendant que les charges du cabinet continuent. Pour un praticien installé, une franchise de 15 ou 30 jours sur la garantie frais généraux est souvent le meilleur arbitrage.

FranchiseEffet sur la primePour qui
15 joursPrime la plus élevéePraticien sans trésorerie de secours, charges lourdes
30 joursÉquilibre le plus courantCabinet installé avec quelques mois de trésorerie
90 joursPrime la plus bassePraticien disposant d’une réserve solide, ou couvert ailleurs

La franchise est le délai avant le versement des indemnités du contrat individuel.

Le prix

Combien coûte la prévoyance d’un chirurgien-dentiste ?

Ce qui pilote le tarif
Votre âge à la souscription, le montant d’indemnité choisi, la franchise, l’état de santé déclaré.
L’effet de l’âge
La prime est indexée sur l’âge d’entrée : souscrire à 30 ans coûte durablement moins cher qu’à 45 ans.
Déductibilité
Les cotisations de prévoyance d’un travailleur non salarié sont déductibles du bénéfice imposable dans le cadre Madelin, sous plafond.

Une prévoyance de chirurgien-dentiste démarre autour de 55 €/mois pour un praticien jeune avec une couverture ciblée, et se situe le plus souvent entre 90 et 200 €/mois pour un contrat complet incluant indemnités journalières, frais généraux, invalidité et décès.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la prévoyance du chirurgien-dentiste

Que verse la CARCDSF en cas d’arrêt de travail ?
Une indemnité forfaitaire d’environ 110 € par jour, à partir du 91e jour d’arrêt et pendant trois ans au plus. Du 4e au 90e jour, c’est la CPAM qui vous indemnise : 1/730 de votre revenu moyen des trois dernières années, plafonné à environ 190 € par jour. Les trois premiers jours restent à votre charge.
La prévoyance est-elle obligatoire pour un dentiste ?
Non. Seule la RCP est obligatoire. Mais le régime invalidité-décès de la CARCDSF est forfaitaire : il ne tient compte ni de vos honoraires ni des charges de votre cabinet, qui continuent pendant l’arrêt.
Qu’est-ce que la garantie frais généraux permanents ?
C’est la garantie qui prend en charge les charges fixes du cabinet pendant votre arrêt : loyer, salaire de l’assistante, leasing du matériel, maintenance. Elle est distincte de l’indemnité journalière qui, elle, remplace votre revenu personnel.
Quelle franchise choisir ?
Trente jours est l’arbitrage le plus fréquent pour un cabinet installé. Une franchise de 90 jours fait baisser la prime mais laisse trois mois où seules les indemnités plafonnées de l’Assurance Maladie tombent.
Les cotisations sont-elles déductibles ?
Oui, dans le cadre du dispositif Madelin pour les travailleurs non salariés, sous plafond de déduction. C’est un des rares postes d’assurance déductible du bénéfice imposable.

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